Je ne me suis jamais demandé de quelle façon les articles des étalages d’un supermarché sont produits. Dans mon esprit, j’avais une certaine logique sur l’approvisionnement mais j’étais très loin d’imaginer la complexité d’une usine agroalimentaire.
Depuis quelques années, j’ai la chance de navigué dans une entreprise qui conditionne des légumes au vinaigre, surnommés Pickles, et qui fabrique également des sauces salades, moutarde et du ketchup. Quel émerveillement de se retrouver au milieu d’une ligne de production, d’entendre la cadence des bocaux qui se déplacent sur les tapis et de voir la magie des légumes qui remplissent les bocaux, puis le vinaigre et les épices qui sont ajoutés et finalement le couvercle qui vient fermer le tout.
Une ligne de production c’est un assemblage de plusieurs machines qui doivent être réglées précisément pour fabriquer un produit spécifique. Quand la fabrication change de produit, il faut généralement régler la ligne pour s’adapter à la taille et au format du récipient par exemple. Tout ceci est possible grâce à des femmes et des hommes qui maitrisent leur métier et qui connaissent les machines par coeur.
Avec le temps, les consommateurs sont devenus de plus en plus exigeant, et les grands acteurs de la distribution également. Tout le monde a déjà scanné un produit en magasin afin de savoir s’il est bon ou si celui à côté serait meilleur. On trouve déjà plusieurs systèmes de classification et le consommateur en aura certainement davantage à disposition dans un futur proche. Avec la crise du Covid, nous avons pris conscience de notre dépendance des pays étrangers. La consommation locale est revenue en avant, ainsi que la proximité avec le producteur. Maintenant que ce virus nous laisse un peu tranquille, le mode de consommation d’avant est de retour en grande partie. Certaines personnes ont maintenu leur consommation locale, d’autres non.
La planète se réchauffe, nous avons tous entendu cela. Effectivement, cela semble une réalité aujourd’hui et nous devons prendre conscience de notre impact sur le climat. L’achat d’un produit fabriqué localement devrait l’emporter sur un article venu d’un pays lointain par camion, train, bâteau ou encore par avion. Le consommateur perçoit la différence mais cela reste abstrait en terme d’impact. Quelle empreinte carbone a cet article sur l’étagère en comparaison à celui d’à côté? Difficile à dire. Finalement je vais prendre celui que je préfère par manque d’information disponible et compréhensible.
Le monde de l’agroalimentaire est confronté à un challenge. Apporter des informations valables et de confiance sur le produit qu’un consommateur souhaite acheter. Comment faire? L’usine fabrique, elle ne créer pas de la donnée pour le consommateur. C’est du marketing ça… De l’ère de l’industrie on est passé à celle de la Donnée. C’est bien mais n’aide guère à fabriquer plus de bocaux…
Dans la suite de cet article, je vais me pencher rapidement sur la partie informatique d’une entreprise agroalimentaire. Quels sont les enjeux pour accompagner les changements occassionnés par la digitalisation? Comment complèter son infrastructure pas-à-pas pour permettre une évolution? De quelle façon envisager ces bouleversements pour les femmes et les hommes qui travaillent dans l’usine? Comment valoriser un produit et permettre au consommateur de connaitre son histoire?
A bientôt pour la suite de cette aventure.